« Chère Amélie, voilà quelques semaines que des pensées me tournent en tête. Tu te souviens, lorsque que nous nous sommes rencontrés dans cet ascenseur, il y' a plus d'un an et demi ? Je te pensais si bête, et si puéril, et bien sache, que tu n'as pas changée. Tes dernières lettres m'ont bien fait rire, car je les trouve profondément ennuyeuse, et infiniment ridicule. Une sorte de mélange, entre de la niaiserie italienne, et des clichés amers omniprésents dans la pensée de quiconque. Que cherches-tu donc à combler, Amélie ? Penses-tu que moi, Pascal, je ne te vaux plus ? Penses-tu que nous avons tant vécu ensemble, pour que cela soit sacrifié par tes petits besoins égoïstes ? Saches donc, Amélie, que moi aussi, j'ai des besoins, que moi aussi, ma langue s'est souvent envenimée, mais que moi aussi, j'ai pû te pardonner comme tu l'as fait pour moi. Mais aurais-je dû ?. On réfère le passé comme si c'était une honte, mais la honte, Amélie, elle est maintenant. C'est au jour d'aujourd'hui que la honte, infâme prédateur, t'a prise en assaut. Mais tu ne t'en rends pas compte. Je ne pense plus à toi Amélie, il faut que cela cesse, et change. Je t'aime. »
« Il est des gens, paraît-il, à qui l'on manque. Pascal, je pense avoir comprit ta lettre, mais, il faut que tu comprennes que ce que je vis, c'est que le début de mon bonheur. Cette personne, cet amour que je vis avec elle, est comme un signe de la vie à travers la mort. Une sorte de renaissance. Pourquoi dis-tu que cela n'est qu'une illusion que je me donne ? Pourquoi dis-tu que je me mens à moi-même ? Cher Pascal, je pense à tous ces jours que certes nous avons vécu ensemble, mais chaque jour où nous sommes séparés, depuis que tu es parti dans cet hôpital, oui ces jours, je les compte, et je les pleure. Ils me blessent. Que cet amour soit là ou pas. Je me suis mal comporté, je l'avoue, j'ai fais la grossière erreur de mélanger amour et attirance une fois, mais pardonne-moi de cette fois-là. Je me sens comme complétement prisonnière de quelque chose que je ne maîtrise plus, et je me crois si forte. Ne serais-je plus moi-même ? Reviens-moi vite, Pascal, tu me manques.».
Voici ce que j'aurais écris à la place d'Amélie :
«Mon cher Pascal. Je me sens étrangement blessée comme quand on nous crache une vérité frappante. J'ai sentie la violence de tes paroles douces comme des coups de couteaux. Oui je me souviens de notre rencontre Pascal. Je ne l'oublierai pas comme je n'oublierai pas ce que tu as fais pour moi. Tant de fois tu as improvisé mon grand frère pour me protéger de ce monde, ce monde où les hommes sont cruels. Je suis si jeune Pascal. Si jeune et naive. Je ne sais rien de la vie. Et pourtant je souffre déjà trop. Et mes lettres Pascal, mes lettres bien qu'elles te fassent rire, elles ne sont que l'image de moi-même. Celle d'une personne faible, sensible, dont le coeur se guérit et se déchire à nouveau, chaque fois que l'amour le consume de passion. J'ai été trahie deux fois Pascal. Ces trahisons ne m'ont laissée qu'un sentiment répugnant de lassitude. J'ai aimé et trop aimé. Mon coeur vidé d'amour qu'il donne à celui qui le prend dans ses mains est si vite empli d'amertume. J'ai hais aussi. Et là, affaiblie comme tu le vois, les yeux larmoyants et la voix tremblante comme tu l'avais entendue hier, je ne pourrai même plus hair. Comme si l'amour qu'il y avait en moi était un arbre repoussant sans cesse aprés avoir été coupé. Et la haine serait un fruit pendant dangereusement à une branche de cet arbre. Une fois le fruit tombé il ne reste plus rien. Plus de haine. Je n'en donne plus. J'ai honte Pascal. Honte d'être moi-même. Tu te demandes si tu aurais du me pardonner et je te réponds que oui. Et tu l'as fait. Parce qu'on s'aime fraternellement Pascal. Un amour aussi pure et sincère ne se brise pas comme ce que j'ai connu,pour ceux que j'ai osé aimé naivement. Pardonne-moi de mes actes égoistes, je t'ai trahi et je te demande pardon. Tu es le seul homme qui ne m'a jamais menti. Le seul qui, par ses "Je t'aime", a été le plus sincère. Le seul qui me laisse une véritable place dans son coeur. Et à présent que tu pars, que tu me laisses, je me sens déjà anéantie. Anéantie par ce qui m'est arrivé. Et anéantie parce que j'ai perdu l'autre homme que j'aime, toi. Tu t'en vas au loin de moi et m'oublieras peut-être. Pourtant, ce n'est pas digne de toi. Je sais que tu penseras à moi, que tu songeras à la personne que tu as connue et te demanderas si j'ai changé. Comment changer Pascal, puisque tu n'es plus là? Je serai seule et faible. La vie me vaincra. Je t'aime.»
Piixxx : Andro et moi